vendredi 8 novembre 2013

/// EXPO PEINTURES, wilhelm Beestermöller.

> DU 12 AU 17 NOV.





WILHELM BEESTERMÖLLER
horaires d'ouverture de l'exposition / 11h00-20h00.

OPENING tuesday 12, november > 6 to 9PM
VERNISSAGE mardi 12 novembre > 18 à 21h00


Incognito

L'oeuvre est évidente. Résolument elle masque la réalité. La méthode de travail est celle de la série, des individus anonymes en masse. Les matériaux picturaux ne sont pas orthodoxes, laque, teinture, Typex. L'œuvre est conséquente,avec conséquence la réalité et les formes abstraites se heurtent, se superposent, se côtoient. Mystique, étrange, cette société masquée.

Wilhelm Beestermöller nous projette dans un labyrinthe de réalité. Des scènes qui véhiculent un secret. Photos sur-peintes, qui suscitent un regard de détective. Une lecture claire des sujets est radicalement contrariée. L'identification est exclue. A l'époque du photoshopping, de la manipulation numérique des images, il utilise les moyens artistiques simples pour voler le visage de l'individu. Il le recouvre simplement de peinture, le couvre de couleur à la façon d'un linceul. Comme s'il ne devaient pas exister, il voile les individus dans l'anonymat.

Cela indispose. Cela frustre toute recherche de repérage et fait chanceler les tentatives d'orientation. Il n'y a aucune identification évidente. De quoi s'agit-il en fait ? Qu'est-ce qui est caché ? Les gens, souvent photographié à leur insu dans la rue, la peinture leur vole leur identité. Dans la masse du travail en série, l'impression est encore accentuée qu'ils sont, avec les moyens artistiques, uniformisés et d'une façon aussi écartés. L'individu incognito n'est pas seulement ignoré dans son unicité, il disparaît aussi dans la masse.

C'est un point de vue. L'autre relève du respect. Personne ici n'est démasqué, n'est exposé, n'est utilisé comme il le serait sur une image voyeuriste. Dans la société de masse, chacun a la chance de disparaître derrière le masque collectif. L'anonymat comme option de liberté et l'individualité comme espace privé protégé.

L'art de Wilhelm Beestermöller définit des espaces de protection pour l'individu, la chance pour chacun de rester lui-même y est sauvegardée. Un droit à l'intimité dans une société qui croit que tout doit être publié et communiqué.Même aux icônes populaires de la peinture de la Renaissance Wilhelm Beestermöller offre une nouvelle dignité. Par sa façon très personnelle de les masquer il leur vole leur signification traditionnelle, leurs positions, les attributs de leur pouvoir. Mais il leur offre en même temps de nouveaux espaces de liberté, d'autres possibilité de les regarder, libérés de leur poids historique.

Dans le champ de tension entre l'individu et la société, entre le privé et l'engagement public, apparaît finalement, pour la première fois dans l'oeuvre de Wilhelm Beestermöller, un vaste cycle de travaux qui prend concrètement en compte la situation politique dans son actualité.Les photos en majorité recouvertes de Typex : portraits, paysages, scènes de guerre, sites industriels, manifestations, déclinent les possibilités qu'a l'individu de se masquer d'enveloppes individuelles en les confrontant avec force : bure de moine à côté du masque Sado-Maso, burka à côté de la capuche du voyou.

Le travail montre ces deux aspects de l'oeuvre de Wilhelm Beestermöller.L'anonymat est en mesure de préserver à l'individu un espace de liberté, au niveau de la société chacun est tenu, cependant, de montrer son visage.

HORST BRANDENBURG Arte TV novembre 2013



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